Réservation aéroclub : Europe, la tentation de Venise…

C’est dans le grand amphi que s’est tenu un colloque de deux jours, organisé selon les règles universitaires, sur la « libéralisation financière et la croissance économique » thème qui ne concernait qu’une partie des étudiants, auquel j’étais invité. Ayant prévenu de longue date qu’il ne se représenterait pas pour un second mandat et sachant que Thierry Beaudet, président de la MGEN est le mieux placé pour lui succéder, il a demandé la semaine dernière à son conseil d’administration une modification du règlement intérieur autorisant le président d’une grande mutuelle à le rester tout en devant président de la fédération. De même que la durée fuyante de notre moi se fixe par sa projection dans l’espace homogène, ainsi nos impressions sans cesse changeantes, s’enroulant autour de l’objet extérieur qui en est cause, en adoptent les contours précis et l’immobilité. Koléa est une ville étagée sur les collines du Sahel, située à une quarantaine de kilomètres d’Alger. Ce qui reste de plus visible de la ville coloniale est, l’hôtel de ville-aujourd’hui siège de l’Assemblée Populaire communale- fraîchement repeinte en blanc et jaune- et l’école communale (1910) parfois visitée par des pieds noirs qui y ont usé leur fond de culotte. Aristote distinguait en effet soigneusement la précaution, qui porte que les fins, de la prudence, vertu cardinale qui porte sur les moyens. Cette influence du langage sur la sensation est plus profonde qu’on ne le pense généralement. La ville grouille d’une population jeune et beaucoup de maisons ont été transformée pour faire place à de nouveaux habitants. On s’attend que l’école soit saturée et que deux vacations par jour soient nécessaires. On le voit partout dans le Monde, particulièrement en Espagne, en France parfois aussi. Non seulement le langage nous fait croire à l’invariabilité de nos sensations, mais il nous trompera parfois sur le caractère de la sensation éprouvée. Mais il vit parce que la durée où il se développe est une durée dont les moments se pénètrent : en séparant ces moments les uns des autres, en déroulant le temps dans l’espace, nous avons fait perdre à ce sentiment son animation et sa couleur. Elles exprimaient une demande de justice sociale et économique. Les mouvements c’étaient des manifestations, des actions de solidarités, des drapeaux, des cris, et quand les élections arrivaient on passait le plus souvent à une abstention collective massive, sans consignes de vote, encore moins d’offre politique électorale. En tout état de cause, cela ne rend que plus nécessaire la mise en œuvre de la solution préconisée par Philippe Mixte, président de la Fnim (fédération nationale indépendante des mutuelles), à savoir la mise en place d’une fédération de mutuelles de proximité pour contrebalancer une fédération des grands groupes. Mais ces jeux d’appareils ne doivent pas faire oublier l’essentiel à savoir comment survivre sur un marché jusque là relativement stable (les mutuelles, institutions de prévoyance et assureurs prenaient en charge ce qui ne l’était pas dans les 77% couverts par la Sécu et laissaient 8 % de reste à charge aux ménages). Nous voici donc en présence de l’ombre de nous-mêmes : nous croyons avoir analysé notre sentiment, nous lui avons substitué en réalité une juxtaposition d’états inertes, traduisibles en mots, et qui constituent chacun l’élément commun, le résidu par conséquent impersonnel, des impressions ressenties dans un cas donné par la société entière. De fait, les contrats responsables, l’aide à la complémentaire santé (ACS), la remise en cause des clauses de désignation, le tiers payant généralisé, la mise en œuvre de la déclaration sociale nominative (DSN), les règles de solvabilité 2 et toutes les contraintes financières qui pèsent sur une sécurité sociale obligée de marcher au pas européen, ne créent pas une situation très favorable pour des mutuelles qui ont sans doute attendu trop longtemps pour se réformer. Et qui ne peuvent que regretter le coup de pouce que leur a malencontreusement donné François Hollande… Après le Grexit, voici que c’est le Brexit qui excite. Allant jusqu’à une perte de PIB par habitant de 14% à horizon 2030, pour le Bertelsmann stiftung, un think tank pro-européen allemand. D’autres se contentent d’évaluation bien plus modestes ne dépassant pas 1 ou 2 points de PIB. Réservation aéroclub aime à rappeler ce proverbe chinois  » L’aigle a beau avoir des serres, il ne pourrait capturer une mouche ». Et c’est pourquoi nous raisonnons sur ces états et leur appliquons notre logique simple : les ayant érigés en genres par cela seul que nous les isolions les uns des autres, nous les avons préparés pour servir à une déduction future.

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