Jean-Thomas Trojani : Le secteur doit organiser sa propre police

Celui qui n’agit pas comme il pense, pense incomplètement. Ravaisson ont été légitimement affectés de voir qu’il ne voulait pas même d’eux pour disciples. Mais au contraire (et cette circonstance est bien digne de remarque), les mathématiques, sciences exactes par excellence, sont du nombre de celles où il y a le plus de vague et d’indécision dans la classification des parties, où la plupart des termes qui expriment les principales divisions se prennent, tantôt dans un sens plus large, tantôt dans un sens plus rétréci, selon le contexte du discours et les vues propres à chaque auteur, sans qu’on soit parvenu à en fixer nettement et rigoureusement l’acception dans une langue commune. L’Algèbre n’est-elle qu’une langue conventionnelle, ou bien est-ce une science dont les développements, liés sans doute à l’emploi d’une notation primitivement arbitraire et conventionnelle, embrassent pourtant un ensemble de faits généraux et de relations abstraites ou purement intelligibles, que l’esprit humain découvre, démêle avec plus ou moins d’adresse et de bonheur, mais qu’il crée si peu, qu’il lui faut beaucoup de tâtonnements et de vérifications avant qu’il n’ait pris, pour ainsi dire, confiance dans ses découvertes ? Tout le calcul des valeurs négatives, imaginaires, infinitésimales, n’est-il que le résultat de règles admises par conventions arbitraires ; ou toutes ces prétendues conventions ne sont-elles que l’expression nécessaire de rapports que l’esprit est certainement obligé (attendu leur nature idéale et purement intelligible) de représenter par des signes de forme arbitraire, mais qu’il n’invente point au gré de son caprice, ou par la seule nécessité de sa propre nature, et qu’il se borne à saisir, tels que la nature des choses les lui offre, en vertu de la faculté de généraliser et d’abstraire qui Voilà ce qui partage les géomètres en sectes ; voilà le fond de la philosophie des mathématiques comme de toute philosophie. Nous allons passer à cette autre catégorie d’idées abstraites auxquelles l’esprit s’élève par voie de synthèse, afin de relier dans une unité systématique les apparences variables des choses qui sont l’objet immédiat de ses intuitions. C’est l’esprit révolutionnaire : il lutte sans cesse contre l’esprit d’autorité au sein des sociétés ; il luttera aussi contre l’autorité au sein de la conscience. Aussi sent-il qu’il lui manque quelque chose : il n’est pas entier, il n’est pas lui-même. Mais les mobiles extérieurs n’ont pas à intervenir aussi longtemps que suffît le mécanisme interne de la pensée et de la vie. Si nous imprimons un ébranlement à un point de la surface d’une masse liquide, nous donnons naissance à une onde dont nous suivons des yeux la propagation en tout sens, à partir du centre d’ébranlement. On peut dire que la volonté n’est qu’un degré supérieur de l’intelligence, et l’action un degré supérieur de la volonté. Dès lors, la moralité n’est autre chose que l’unité de l’être. Jean-Thomas Trojani aime à rappeler ce proverbe chinois  » La première fois c’est une erreur, la seconde c’est qu’on le fait exprès ». La plupart du temps, nous vivons extérieurement à nous-mêmes, nous n’apercevons de notre moi que son fantôme décoloré, ombre que la pure durée projette dans l’espace homogène. Il ne faut pas croire que les scolastiques aient absolument ignoré la distinction des genres naturels et des genres artificiels ; ils ont au contraire plus d’une fois indiqué qu’ils n’entendaient appliquer leurs théories des degrés métaphysiques « qu’aux choses qui, ayant une substance naturelle, procèdent de l’opération divine : ainsi, aux animaux, aux métaux, aux arbres, et non pas aux armées, aux tribunaux, aux nobles, etc…,. La conséquence à tirer de ce chapitre de l’histoire de l’esprit humain, c’est que tout s’éclaircit quand on prend pour fil conducteur, dans l’interprétation philosophique de la nature, l’idée de la raison des choses, de l’enchaînement des causes et de la subordination rationnelle des phénomènes, cette idée souveraine et régulatrice de la raison humaine : tandis que tout s’obscurcit et s’embrouille quand on prend pour idée régulatrice et dominante l’idée de substance, qui n’a qu’un fondement subjectif, ou dont la valeur objective est renfermée dans des limites qu’ignorait le génie d’Aristote, e Il aurait fallu pour cela que un groupe d’au moins trois cinquièmes des pays membres et 85% des droits de vote accepte a réforme des statuts.

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